Feux particulier

Sauf quand on en a déjà été victime, l’incendie de forêt est inconcevable. Raison de plus pour s’y préparer. Il fait beau, il fait bon, le ciel est bleu. On imagine difficilement le bruit assourdissant de l’incendie, le galop du feu, les flammes près de la maison et le paysage couvert de cendres. En France, près de 6000 communes sont officiellement menacées par le risque feux de forêts. Sur la planète Terre les incendies font des ravages depuis le sud de l’Australie jusqu’en Arctique en passant par l’Asie.

En France, 4 à 5 000 départs de feux de forêts sont signalés et 20 à 30 000 hectares partent en fumée toxique et en cendres chaque année. Sont considérés comme feux de forêt les incendies ayant menacé au moins 1 hectare de bois, de lande*, de maquis*, de garrigue* ou de tourbière*. Les feux de broussailles, de parcelles agricoles, de friches et terrains vagues ne sont pas pris en compte par les statistiques, quand bien même, à l’échelle d’une commune ou d’un territoire, ils peuvent avoir des conséquences sociales et environnementales importantes.
Les feux de forêts ne se produisent pas uniquement en été.

Un tiers survient au printemps, à l’automne, en hiver. L’incendie de forêt n’est pas le risque exclusif de la Corse, de l’île de la Réunion, du bassin méditerranéen et aquitain. Les régions midi-Pyrénées, Poitou- Charentes, Pays de la Loire, Centre, Bretagne, Ile-de-France sont de plus en plus concernées. En Picardie, en Champagne-Ardenne et en Basse-Normandie, certaines communes sont officiellement classées à risque feux de forêts.

Les incendies de forêt déclenchent des risques sanitaires, polluent l’atmosphère, déciment la faune et la flore, contribuent à la disparition des espèces menacées et accélèrent l’érosion* des sols et les perturbations climatiques. Après la course du feu, vient le temps des coulées de boue et des glissements de terrain*.

Les feux de forêts ne sont pas couverts par la garantie catastrophe naturelle au motif qu’ils sont assurables au titre de la garantie de base. Cette exemption est d’autant plus singulière que les incendies de forêts dans les milieux montagneux ou accidentés sont souvent suivis d’inondation elles-mêmes éligibles à la garantie catastrophe naturelle. Le cycle de l’incendie de forêt commence par des flammes et peut se terminer par des inondations.

Plus encore que les déchets des autres catastrophes, les déchets des incendies de forêt sont souvent oubliés. Une fois qu’hélas les pertes humaines sont dénombrées et que les hectares incendiés sont quantifiés, le bilan de l’incendie est considéré comme terminé.
Pourtant, le feu de forêt a laissé derrière lui une couche de cendres et de débris dangereux pour l’Homme et l’environnement.
Les cendres sont pulvérulentes et invasives. Elles concentrent du phosphore et des nitrates provenant de la combustion de la biomasse*. elles peuvent aussi contenir des résidus de retardants* de feu ajoutés à l’eau larguée par les avions de lutte contre les incendies. Ces largages équivalent à des épandages massifs d’engrais sur des milieux naturels qui n’en ont pas besoin.

Les analyses de cendres sont rares et elles sont édifiantes. Arsenic, plomb, zinc, chrome, cuivre, antimoine et dioxines et d’autres substances solides ou volatiles se cachent dans les cendres et les sols dénudés. La toxicité est aggravée par la dispersion dans les bois et les forêts de déchets divers et combustibles, décharges anciennes, remblais oubliés, vieilles munitions de guerre, épaves en tous genres ; tous ces indésirables qui font aujourd’hui qu’une forêt n’est plus tout à fait une forêt.

Faute d’une procédure coordonnée de suivi sanitaire et environne- mental des incendies de forêts, l’impact immédiat et sur le moyen terme du cumul de polluants sur la qualité de l’eau des rivières, des lacs, des puits, des forages et des captages n’est pas mesuré. Même défaillance pour la recherche des retombées des fumées sur les denrées agricoles et les produits des potagers à proximité des lieux de l’incendie. Les incendies des forêts dispersent par voie aérienne des flux importants de dioxines et de PCB.

La destruction partielle ou totale des habitations, des abris, des campings, des clubs d’activités de plein air, des structures enclavées dans des clairières ou regroupées dans des lisières finit d’assombrir le bilan déchets et d’alourdir la somme des précautions à prendre, après le feu.